Un petit bout d'histoire alternative, juste avant le flop---- Dans les années soixante et soixante-dix, en dépit des antécédents, on espérait encore que l'épanouissement de la conscience puisse triompher des pires égarements. La libération de l’information, l’activation des alarmes, la confrontation des analyses et l'action concertée pouvaient décider de la correction de la trajectoire. Nous voulions y croire. Nous y croyions. Et les extensions inventives du mouvement nous confirmaient dans cette idée.
Domination, déformations, confusions, horizon bouché. L'autre voie...---- La dénonciation de la domination, en tant que plus important polluant des rapports sociaux comme des relations avec les écosystèmes, était l'une des caractéristiques majeures du mouvement écologiste et des autres courants de l'alternative. Elle est maintenant bloquée par la conspiration du silence des très nombreux pratiquants de la spoliation et de la concentration – de la capitalisation – des pouvoirs de penser et d'agir des personnes et des communautés. C'est particulièrement remarquable dans les rangs prétendument anti-capitalistes, voire alternatifs où cette critique est devenue quasi confidentielle. Un sujet tabou, désormais. Les mythes d'une escroquerie en voie de mondialisation---- Tout investissement lourd est destructeur parce qu'il implique des moyens technologiques et gestionnaires disproportionnés, donc déconnectés des réalités de la vie. Toute politique imposée de l'extérieur et depuis une construction hiérarchique ("top/down"), "d'en haut", particulièrement les grands travaux (surnommés les "éléphants blancs"), réduisent les peuples à être les spectateurs d'un déploiement qui leur est pour jamais étranger. On peut même en déduire une loi : plus l'investissement est lourd, moins les populations sont responsables du projet, de sa réalisation et de son contrôle, et plus il est nuisible socialement, donc écologiquement ; cela va de pair. |
L’engrenage de la domination, ou la loi du plus fou---- Une des traductions les plus révélatrices de la culture impérialiste est l'oubli que la vie, la nôtre, celle des autres, toute la vie, ne tolère aucune brutalité, qu’elle est sensible et fragile. Très fragile. ---- Dissociation, rivalité, opposition, exclusion, compétition - et même compétitivité (certains vont jusqu'à parler de compétition scolaire)... l'essentiel de la culture de la domination qui, se maquillant de "modernité", se prétend plus évoluée que toute autre, est une culture de la négation des dynamiques qui construisent la vie, une culture "anti-nature" telle qu'elle se définit elle-même, une culture du conflit, la culture de la guerre totale par excellence. Elle est la première des pollutions. Restauration des écosystèmes, restauration des sociétés---- Nous découvrons une révolution douce et réfléchie infiniment plus efficace que tous les courants réformistes et revendicatifs qui demeurent soumis au paradigme impérialiste au point de le reproduire fidèlement, ou que les partis violents qui offrent le flanc à la manipulation et à la répression, quand ils ne les stimulent pas. Elles nous montrent que même des situations qui semblaient désespérées peuvent être rétablies, mais à la condition de s'émanciper complètement de toute domination… Dans le sens de la vie : les communaux---- Les valeurs soufflées par la vie en nous et autour de nous ne ressemblent en rien à la compétition, à la loi du plus fort, au capitalisme du pouvoir et de l'argent. Bien au contraire. La liberté... Pas celle, à court terme et stérile, de faire à sa guise contre le monde entier. Celle, créatrice, qui s'enrichit des autres libertés, celle-ci s'étiole dans la solitude. Elle n'apprécie pas davantage les contraintes de la compétition conflictuelle encensée depuis plus de deux siècles. La liberté est relative au bien-être de chacun et de tous : mieux se porte mon environnement, mieux je me sens et plus je suis disponible, et réciproquement. La liberté créatrice a donc un sens qui s'accorde avec le sens de la convivialité. |
La révolution renversée et La colonisation intérieure---- La Révolution Française a été portée au pinacle de la mythologie de la liberté. Elle a servi de référent révolutionnaire universel. Mais, résultat d'une propagande intense, c'est essentiellement la version de la bourgeoisie et d'une jeune frange de l'aristocratie qui nous est servie. Celle qui conforte les structures dominantes héritées de cette époque et de plus longtemps, cela va de soi. L'analyse critique des évènements et l'histoire des falsifications qui ont détourné le mouvement est plus difficile à découvrir. La culture anti-nature---- "Coupé de la terre, le coeur de l’homme devient dur" - Bushman |
